Jacques Généreux

jacques_genereux_jlm_2017.jpgNé à Saint-Brieuc en 1956, Jacques Généreux partage son enfance entre les Côtes d’Armor et la côte d’Azur. Adolescent d’abord engagé dans l’action sociale par conviction chrétienne, il adhère au Parti socialiste en 1980, tandis qu’il poursuit ses études à Paris (diplômé de Sciences Po et docteur en économie).

Il est maître de conférences des universités et professeur à Sciences Po, où il enseigne les sciences économiques depuis 1983. Économiste du travail, à l’origine, il soutient sa thèse de doctorat sur les mécanismes d’ajustements du marché du travail aux chocs conjoncturels. Il mène diverses recherches sur l’analyse économique des syndicats, du Smic, de la flexibilité du travail (cf. notamment, « La rigidité des salaires : un concept ambigu ou inutile ? » Revue Française d'Economie, vol. II, n° 1, 1987.).

Posant le diagnostic que la persistance du chômage ne tient ni au défaut de connaissance des solutions, ni au manque d’instruments pour les mettre en œuvre, il réoriente son travail vers la défaillance des règles du jeu politique qui bloque la mise en œuvre de politiques efficaces et conformes à l’intérêt commun (L'économie politique. Analyse économique des choix publics et de la vie politique. Larousse, 1996). Il en vient naturellement à s’interroger sur la crise de la démocratie (« Refonder la politique », Une certaine idée, n°8, octobre-décembre 2000.) et engage, en 1998, la rédaction d’un ouvrage sur une refondation rationnelle des institutions démocratiques. Au fil de cette recherche, il en vient à resituer la crise du politique dans une crise de la civilisation moderne, individualiste, productiviste et capitaliste. Les sciences économiques et politiques ne suffisant pas à embrasser un tel sujet, il va puiser aux ressources de toutes les sciences de l’homme. Au bout de huit ans, en 2006, il publie La Dissociété, le premier opus de sa trilogie A la recherche du progrès humain (Points-Seuil, 3 vol.), qui tente de proposer une refondation anthropologique de la philosophie politique et de l’économie, c’est-à-dire un discours actualisé à la lumière de l’état contemporain des connaissances sur le développement des êtres humains et des sociétés humaines (les deux vol. suivants sont L’Autre société et La Grande Régression). 

C’est par ailleurs un pédagogue reconnu, auteur de manuels d’économie politique et d’ouvrages d’initiation qui sont devenus des classiques réimprimés  tous les ans depuis plus de 20 ans (Economie Politique, 3 vol. 1990,  Introduction à l’économie, 1992, Introduction à la politique économique, 1993). En 2015, il a publié Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde.

Economiste hétérodoxe, promoteur des biens publics et d’un progrès fondé sur la qualité des liens plutôt que l’accumulation des biens, il s’est employé à rendre accessible une critique scientifique de la pensée néolibérale dominante, à travers ses ouvrages (Les Vraies lois de l’économie, Seuil, 2001-2002, Chroniques d’un autre monde, Seuil, 2003. Nous on peut. Manuel anti crise à l’usage du citoyen, Points, 2012), ses chroniques dans Alternatives économiques et la célèbre émission qu’il a créée sur France culture (« L’économie en questions »), avant d’en être évincé après le retour de la droite en 2002. Il lança aussi l’une des premières initiatives pour tenter de mobiliser les économistes en rupture avec le mainstream (« Manifeste pour l’économie humaine », Esprit, 2000, soutenu par plus de 300 économistes dans une trentaine de pays).

Militant dans l’aile gauche PS (membre du Conseil national de 2003 à 2008), il y a longtemps combattu la dérive centriste. En 2005, il fait un tour de France du « non socialiste » au traité constitutionnel européen et publie l’un des argumentaires best-sellers du non de gauche pro-européen : Manuel critique du parfait Européen. Les bonnes raisons de dire non à la Constitution. Après le Congrès de Reims (nov.2008), constatant la marginalisation définitive de l’aile gauche du PS, il suit Jean-Luc Mélenchon pour fonder le Parti de Gauche, dont il est le secrétaire national à l’économie jusqu’en 2013.